Live Reports

Transmusicales 2017 : Retour sur la soirée du samedi au Parc Expo

Comme chaque année, le petit monde de la musique s’est donné rendez-vous en Bretagne le premier weekend de Décembre pour les Transmusicales de Rennes. Objectif : découvrir en avant-première le successeur à Meute qui sera à l’affiche des meilleurs festivals de l’été qui s’annonce. Monde de la musique qui pleure par ailleurs, la disparition de son Bob Dylan national, et qui espère faire son deuil à l’aide d’une ou deux interprétations rock-psyché voire afrodub de Que je t’aime.

Bon à ce niveau là on repassera, la programmation de Jean-Louis Brossard (patron des Transmusicales) aillant toutefois le mérite de nous faire oublier cette triste actualité – et ces vilains refrains qu’on nous a mis de force dans la tête.

Et avant de rentrer dans le vif du sujet avec les concerts du parc expo, on fait un petit crochet par l’Etage pour écouter No Mady, trio mixte débarqué de Madagascar qui nous mettra parfaitement en jambe avec son rock malgache sombre et énervé.

Des jambes, il en faudra effectivement pour courir entre les quatres scènes du parc expo et ne rien louper des concerts qui nous intéressent, à commencer par Washed out qui débute à 23h sur la grande scène. Sans doute la « tête-d’affiche » de cette édition, même si le terme désigne ici davantage le seul artiste que l’on connaisse sur la programmation, Washed out c’est à la fois la bande son de vos déceptions amoureuses et celle de nos gueules de bois post-partielles. L’album Within and Without, sorti en 2011 est ainsi une succession de tubes chillwaves, battis sur de grandes nappes synthétiques et sublimées par la voix lente et aérienne de Ernest Greene, l’homme qui se cache derrière ce projet solo.

Washed Out @Transmusicales 2017

En live, c’est bien accompagné de deux musiciens qu’il se produit, et si l’on apprécie retrouver dans un premier temps l’alchimie singulière de ses compositions, celles-ci se révèlent finalement sans relief sur scène. Le groupe, dissimulé afin de mettre en avant l’excellent visuel du dernier album, délivre en effet une prestation terne et statique à l’exception de quelques rares morceaux (Hard to Say Goodbye et Get Up pour ne citer qu’eux). Il n’en faudra pas plus pour définitivement nous en convaincre : la chillwave est bien une musique à écouter sous la couette.

On poursuit notre petit tour entre les halls, et on s’arrête un instant pour découvrir les tordus de Snapped Ankles qui officient déguisées en hommes de Neandertal devant le public dense du hall 8. Chevilles cassées, c’est le nom francisé de ce groupe de post-punk britannique, et l’on comprend rapidement pourquoi quand ça commence à pogoter sévère autour de nous, à plus de soixante-dix mètres de la scène.

Snapped Ankles @Transmusicales 2017

Direction à présent la Green Room où une programmation exclusivement féminine est alignée pour l’occasion. La techno infernal de la DJ Palestinienne Sama s’est enfin tue pour laisser place à celle de Zamilska. La polonaise propose un son dense, sombre et  puissant, non loin de celui de Gesaffelstein, mais dans un style plus expérimental encore. La prestation live est intéressante mais reste en demi-teinte, la faute peut-être à l’excès de confiance de l’artiste qui la verra sauter dans la foule pour conclure son set. Non vraiment, la starification des DJ c’est pas notre truc.

Pas le genre de Josey Rebelle qui enchaine sur la même scène, pour un set house pointu et diablement dansant. Il faut dire que la britannique ne débarque pas de nulle part : DJ résidente sur la radio londonienne Rinse.fm, elle était à l’affiche de la toute première Boiler Room diffusée en 2010. Sans aucune production à son actif, Josey Rebelle privilégie une sélection exigeante et variée, enchainant les tubes techno, disco et house 80s. Imparable.

On a bien du mal à lâcher prise, mais impossible pour nous de louper le groupe qui joue en même temps hall 3, Tshegue, et que certains annoncent déjà comme la révélation de cette 39ème édition des Transmusicales.

Avec son premier EP Survivor sorti cette année, le duo parisien aux racines congolaises déploie une musique puissante, au croisement entre rock-garage et afrobeat. La voix punk de la chanteuse Faty se pose ainsi parfaitement sur les rythmes tribales de Dakou, son partenaire aux percussions. Mais c’est bien sur scène que le groupe révèle tout le potentiel de ses morceaux, appuyés par l’énergie débordante et communicative de sa leader. Pronostic confirmé donc : il faudra compter sur Tshegue dans les mois à venir.

Après une telle claque on se dit que la suite va nous paraitre bien fade, surtout quand on sait que la fin de soirée sera exclusivement électronique. On préféra ainsi l’acid-techno de la roumaine Borusiade à celle version minimale-ringarde de Voiron pour avoir vraiment envie de retrouver notre lit.

Et s’écouter un petit Johnny.

JAH