Live Reports

Disiz + Gracy Hopkins @LaNouvelleVague

Comme on vous l’annonçait dans le report des Bars en Trans, nous ne pouvions pas assister au samedi et dernier soir de ces dernières. En effet, fan depuis plusieurs années de Disiz, on ne pouvait pas rater la date programmée non loin de chez nous et dans une salle que l’on connait bien en inconditionnel de la Route du Rock, La Nouvelle Vague.

Alternative Lads fait des reports rap maintenant ? Et ouais, on sait aussi se diversifier, on n’écoute pas que de l’indé ! Après, vous n’entendrez pas non plus parler ici de La Fouine ou de Soprano…

Et puis bon, il faut se le dire, le rap qui se fait en ce moment c’est vraiment très lourd ! Entre Roméo Elvis, Damso, Orelsan, Lomepal, … (ah mais c’est la prog des Vieilles en fait ?), on est vraiment gâtés.

Gracy Hopkins 

A part son nom que l’on a vu sur l’affiche, on ne sait rien de cet artiste, et c’est pourtant là qu’on prend la première claque de la soirée.

Quand on arrive, le rappeur est déjà sur scène, on voit déjà beaucoup de monde dans la fosse, on décide alors de se poser sur le côté pour découvrir ce jeune artiste. On assiste alors à une véritable prestation ! Un anglais parfait, un flow impressionnant, des voix variées, on se dit que cet américain est vraiment bon ! C’est là qu’on apprend qu’il vient en fait de Torcy (Seine-et-Marne) avec des racines angolaises et brésiliennes, et qu’il est musicien, auteur, compositeur et interprète, c’est hallucinant !

Il est seul sur scène avec un DJ au scratch pour l’accompagner, il sait capter le public grâce à une grosse énergie, il occupe la scène, son énergie débordante suffit à capter le public qu’il considère comme sa famille. Il fait d’ailleurs monter un de ses fans sur scène pour cette date qui sera la dernière de sa tournée, qu’il fêtera aussi en dévoilant un inédit. Nous comprenons que nous avons assisté à un véritable concert et non à une première partie.

Disiz

Enfin le moment qu’on attendait depuis plusieurs mois, voir ce que donne notre Disiz national sur scène.

Avec Pacifique, son onzième et dernier album sorti en juin 2017, il est revenu après 2 ans d’absence et d’une manière qu’on n’attendait pas du tout. On découvre un album très varié, avec des sons électroniques, pop et trap. Très abouti, avec une grosse prise de risque, car moins rap, mais c’est ce qu’on aime avec lui : de belles instrus, une voix captivante qu’il sait mettre en avant en variant rap et chant.

On découvre aussi un très beau visuel, ce qui est plutôt rare sur une scène rap. On peut dire que Disiz est un artiste complet.

Et comment commencer d’une meilleure façon que par Extra-Lucide ? Titre tiré de son album éponyme et qui vient directement ambiancer le public, il arrive en parka, lunettes de soleil. On se dit qu’il a quand même une énorme prestance…

Avec lui, deux acolytes : son nouveau batteur qui a vraiment fait le taff et qui apporte une énergie supplémentaire au live, et un gars aux platines pour envoyer les sons.

On passe alors sur des chansons des anciens albums, qu’on connait moins, mais, que ses fans connaissent eux pour le coup. On aura ainsi droit aux albums : « Lucide », « Extra-Lucide » et « Transe-Lucide » Puis, on revient sur des morceaux du dernier album et là on kiffe. Il enchaîne « Compliqué » (produit par Stromae) et « La fille de la piscine », deux morceaux un peu plus calmes de l’album.

Disiz demande alors au public de séparer la salle en deux, d’un côté les filles, de l’autre les garçons, on comprend alors qu’arrive « Menteur Menteuse », titre aussi présent sur le dernier opus. Le concept est original, et même si le public est assez réfractaire à l’idée, le rappeur parvient finalement à s’imposer.

Ce qu’on a particulièrement apprécié lors du live, c’est la diversité musicale des morceaux, mais aussi la dynamique de scène : il passe d’une chanson au pied de micro, une chanson où il zouk, une chanson où il amène une petite fille danser à ses côtés sur « Splash », accompagnés de jeux de lumières absolument dingues.

On notera aussi le clin d’œil à sa chanson « Mon amour » dont le clip a été tourné à Saint-Malo en 2012 sur la grand plage du Sillon.

On arrive alors à deux morceaux qu’on connait aussi plutôt bien : « Radeau » et « Qu’ils ont de la chance », deux titres composés par notre ami Augustin Charnet des Kid Wise. A l’écoute de l’album on ne savait pas encore qu’il y avait participé, mais on a clairement reconnu sa patte. Le public sort les briquets, c’est un beau moment.

On passe alors à un tout autre style avec « L.U.T.T.E », « Kamikaze » et « Grande colère », le batteur se déchaîne et le public se lance dans un gros pogo, c’est un énorme bordel !

On aura enfin la surprise de voir sur scène Panayotis Pascot (anciennement dans l’émission « Quotidien »), qui viendra nous faire deux minutes de rap accompagné de son smartphone, entrainement oblige pour l’Olympia quelques jours après. Y a encore du boulot mais ça nous a fait rire.

La soirée s’achève pour nous, on a assisté à un très beau concert, on sent Disiz proche de son public, très sincère. On va très rarement voir des concerts de rap mais là c’était différent, entre rap, chant, lumière, instrus, c’est complet et c’est une belle expérience.

Julien Gumez